Ballon d’Alsace (et Col de la Sure)


A gauche le panneau indiquant Altitude 1000m, à droite le Ballon de Servance

Vous êtes vous déjà levé un matin, juste avant de partir faire un gros col, en étant un peu tendu ? Presque comme avant de passer un examen ou un entretien, par exemple.

C’est ce qui m’est arrivé ; d’abord, et surtout, parce que j’avais oublié le papier intitulé « Permis de conduire ». Je ne suis pas plus en sécurité sans qu’avec, mais c’est toujours mieux de l’avoir, surtout en période de Pâques.

Cela ne m’a pas empêché de le faire ce Ballon d’Alsace, enfin. Que voulez vous, le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. On ne badine pas avec la quête de cols mythiques, on ne réfléchit plus et on se lance à l’assaut.
Et oui, ce Col du Ballon d’Alsace (1171m), toujours cité comme un mythe au coté des grands cols du Tour de France, est une ascension qu’il faut compter à son palmarès. Et j’avais une petite appréhension donc. Moi qui, la veille n’était pas au mieux dans la côte de Marron (3.2km à 5.5%, classée en 4ème catégorie au Tour de France 2005 et dernière difficulté de l’étape arrivant à Nancy – souvenez vous de Mengin qui glisse à quelques mètres de l’arrivée sous un déluge, et de la seconde place de Vinokourov dépassé in extremis par Bernucci), je me demandais si j’étais encore capable de grimper un col « sérieux » avec ma forme de Parisien sevré de cols.

Et cela s’est bien passé, car ce Ballon d’Alsace est très agréable avec sa belle route qui grimpe toujours très régulièrement à partir de St Maurice sur Moselle. Chaque kilomètres (il y en a 9), est marqué par un panneau pour les cyclistes indiquant l’altitude, le nombre de kms restant à parcourir, ainsi que la pente moyenne du kilomètre à venir. Et ce pourcentage moyen est toujours le même : 7%.
A l’image des formes arrondies du Ballon, il n’y a jamais d’excès dans cette montée, pas de pourcentages extrêmes, de longueur interminable, d’altitude exceptionnelle. Il y a de très beaux paysages, avec le Ballon de Servance qui nous regarde monter du début jusqu’à la fin, et la forêt vosgienne.

Au sommet du col, il y a quelques grands chalets (auberge…), et ce Ballon d’Alsace (grand site national) a toujours beaucoup de succès avec sa foule de randonneurs-touristes venus de France et d’ailleurs. Heureusement, le lieu reste tranquille et ne semble pas surexploité (il n’y a pas non plus d’embouteillage dans la montée…). A quelques minutes de marche, le sommet (vierge, panorama). Par temps clair, on aperçoit les Alpes, la Forêt Noire et le Jura. Ca n’était pas le cas ce jour. Trop brumeux.
J’avais deux idées en tête pour poursuivre. Soit dévaler la pente de l’autre coté pour faire la très jolie montée par le Lac d’Alfeld à partir de Sewen en passant par le Col du Hirtzelach (930m) mais en ayant de sérieux doutes sur l’enneigement de la route qui n’est pas déneigée en hiver. Soit faire un autre col sur la route du retour. J’ai choisi la deuxième possibilité, par prudence et parce que c’était maintenant ou jamais, probablement.

Ce col c’est le Col de la Sure, qui culmine modestement à 741m d’altitude et qui se grimpe au départ de Ferdrupt (N66). Il n’est pas du tout connu mais correspondait parfaitement à mes critères : la carte indiquant une toute petite route qui grimpe au col, et qui permet si on le souhaite de poursuivre par un autre col (celui de Morbieu 790m) avant de redescendre de l’autre coté de la montagne. Une route probablement très tranquille donc, et qui ne semble avoir été conçu que pour les cyclistes en mal de tranquillité…
La réalité est proche de tout cela, c’est une superbe petite route qui serpente à travers les champs, vergers et forêts. Les pourcentages sont comme souvent sur ce type de tracé, très irréguliers (parfois très très raides), et si l’altitude est modeste, on a la sensation de monter un vrai col pour 300m de dénivelé. La route est en plus en excellent état et bien entretenue (sauf sur 50 mètres, non goudronnés) et complètement désertée même si elle dessert quelques habitations. On entend seulement les oiseaux, les ruisseaux qui dévalent, et on peut même avoir droit à la musique de bals traditionnels alsaciens écoutée par le retraité faisant son jardin… Totalement bucolique donc cette montée, auquel les photos ne rendent pas forcément justice.

Ah au fait, je n’ai pas vu un seul képi du voyage. La journée était décidément excellente.

 

Au Tour de France, le Ballon d’Alsace fût monté à 24 reprises de 1905 à 2005 dont 4 arrivées au sommet (victoires de Merckx, Thévenet, Aimar et Villemiane). C’est la « montée du centenaire ». On entend ou on peut lire un peu partout que ce fût le premier col franchi par le Tour de France, soit le premier passage en montagne. Or, il y a au moins deux cols qui ont été franchi avant par le Tour : le Col du Pin Bouchain, puis le Col de la République qui dépasse les 1000 mètres d’altitude. Si quelqu’un pouvait confirmer et compléter la liste…

Le Ballon de Servance (1216m), est séparé du Ballon d’Alsace par le Col du Stalon (958m). C’est le point culminant du département de la Haute-Saône et c’est le plus méridional des Ballons Vosgiens. A son sommet sont installées quelques installations militaires et il n’est pas possible d’y accéder. L’accès est tout de même possible par une route forestière sinueuse qui mène à plus de 1100m d’altitude. Un peu plus au sud, il y a également à faire la côte de la Planche des Belles Filles qui culmine à 985m et qui propose 5.5 km à 8,2% de moyenne (passages à 14%, et final de la très dure cyclosportive des 3 Ballons (205 km, 4300m de dénivelé)


Parcours cycliste 152434 – powered by Bikemap

Parcours cycliste 152465 – powered by Bikemap
rédacteur du site
  1. Toto63
    Pas mal comme article, et je peux confirmer que pour la mise en bouche qu'est la cote de Maron, 2 cyclistes amateurs n'ont pas eu de mal à suivre ta roue ! ;-) A quand un article sur la cote de Maron ?
  2. Bast
    Quand tu dis suivre ma roue... tu veux bien dire 200 mètres derrière, avec de rapides coups d'oeil dans mon dos pour ne pas trop vous lacher ? :lol:
  3. Philippef
    bel article! j'ai constaté aujourd'hui qu'un panneau vient d'être ajouté au Col de la République : "premier col de + de 1000m passé par le TDF en 1900"...
  4. Philippef
    j'aurais du écrire 190....bien sûr (<1903) j'y retournerai vérifier ! (et prendre une photo)
  5. Bast
    Super, on attend la photo :)
  6. Wil
    Bravo, Chaque fois que je lis ton site, j'ai des devoirs à faire! ;)
  7. Anthony
    C'est pas mal non plus de grimper le Ballon d'Alsace depuis Sewen d'autant qu'il y a une piste cyclable entre Masevaux et Sewen. Il faut quelques lacets pour parvenir au lac d'Alfeld. S'en suivent 4 kilomètres difficiles (7,8%. 8,3% et deux fois 8,6% il me semble) avant une légère descente ou du plat sur plus d'un kilomètre. Au croisement de la route de Giromagny, il reste quelques kilomètres à grimper plutôt faciles.
  8. cestdurlevelo
    Je tombe sur cet article un peu par hasard en venant faire un tour sur ton blog... Le ballon d'Alsace, je ne l'ai jamais grimpé à vélo, mais y suis passé en voiture, dans une brume pas possible et un froid de canard, en avril 2012. Il m'avait paru très pentu et long. En voyant les stats affichées sur la pente, je suis surpris car oui c'est un col sérieux, mais pas non plus un monstre. Bizarre parfois ces différences entre le ressenti en voiture et la réalité du terrain une fois en selle ! Ceci dit, ça grimpe quand même longtemps. Voila un col qui me fait très envie... la régularité de la pente et les paysages doivent le rendre très sympa! Quand au second col en question, tes photos sont absolument superbes... on dirait le Jura (pour moi c'est un compliment !)
  9. Bastien
    Salut Baptiste, Tu as raison: le ressenti n'est jamais le même entre la voiture et le vélo ! En fait, le Ballon d'Alsace n'est pas ce que l'on peut appeler un col dur, il y a bien plus difficile dans les Vosges (Grd Ballon sur certains versants, Platzerwasel, Champs du Feu, Petit Ballon ...). Néanmoins, c'est un col à faire, les montées sont belles et le sommet également.

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