Traversée des Alpes: 5ème Etape, de Briançon à la Condamine

Col d’Izoard


Vue du col de l'Izoard

Ce matin, nous voici lancés sur les pentes nord du col d’Izoard, quelques 19 kilomètres plus loin à 2360m d’altitude. Malgré ses 1100m de dénivelé, la montée n’est pas très difficile à allure modérée, les pourcentages ne sont jamais très importants et les 10 premiers kilomètres jusqu’au village de Cervières à plus de 1600m d’altitude ne sont vraiment pas difficiles avec de nombreux replats. Nous ne faisons que contourner ce village et une grande épingle nous annonce une pente plus ardue pour les 7 prochains kilomètres avec des pourcentages moyens allant de 7 à 9% ; rien d’exceptionnel mais il faut bien ça pour nous réchauffer un peu car, à l’ombre, le froid est bien présent. Nous montons dans une belle forêt de mélèzes en lacets, puis le paysage dans les derniers kilomètres devient désertique.

Le passage près du refuge Napoléon signifie que le sommet n’est plus très loin. Là-haut, de nombreux touristes sont présents, nous prenons le temps d’apprécier le paysage. Tout au long de l’ascension, des panneaux kilométriques à destination des cyclistes sont disposés, les pourcentages moyens affichés nous semblent souvent fantaisistes, dans les principaux massifs montagneux en France, ces panneaux sont de plus en plus présents. Nous dévalons l’autre versant de l’Izoard en passant par la Casse déserte, qui participe à la réputation de l’Izoard comme les nombreux passages du Tour de France et les nombreuses batailles sportives qui s’y sont déroulées (33 apparitions, stèle Bobet / Coppi au bord de la route). A la Casse déserte, nous franchissons le col de la Platrière (2220m). Ce versant semble un peu plus difficile que le versant nord, la pente y est plus raide, plus longtemps. Peu après l’intersection avec la route qui mène au col Agnel ou, pour nous, à Guillestre, nous passons au col de l’Ange Gardien (1347m, sans panneau semble t’il). Depuis Briançon, nous avons droit aux paysages magnifiques du Queyras. Le passage dans la Combe du Queyras et les Gorges du Guil est vraiment très plaisant, et la méditerranée ne semble qu’à quelques coups de pédales. Le paysage a bien changé depuis le pas de Morgins.

Col de Vars


Col de Vars 2109m

A Guillestre, village agréable, nous faisons une pause et rechargeons nos bidons car cette fois, le soleil tape fort et la chaleur est bien présente avant d’attaquer le col de Vars (2109m). En terme de difficulté, ce col est assez comparable à l’Izoard (une petite vingtaine de kms depuis Guillestre), il est peut-être un peu plus dur. Comme pour l’Izoard, le Tour de France a également inclus ce col à 33 reprises dans son parcours. En tous cas, la montée est irrégulière et se fait par paliers. Les 8 premiers kms, jusqu’à 1600m d’altitude, sont assez durs avec quelques bons pourcentages, et une bonne chaleur pour nous. La suite nous offre un long répit, avec quelques descentes ou replats pour repartir ensuite à 7/8% et rejoindre quelques hameaux dont la station de Vars située peu avant le col. Au sommet, c’est la limite entre les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence, le col fait communiquer la vallée de l’Ubaye avec le Queyras et l’Embrunais, dans le massif de l’Ubaye.

La descente est assez raide dans les premiers kilomètres, elle nous permet d’admirer un très beau paysage avec le massif du Parpaillon. Nous sommes donc à proximité du col du Parpaillon (2780m). Le col du Parpaillon relie les mêmes vallées que le col de Vars, dont la route a été construite par l’armée vers 1893, une piste y a été ouverte à la même époque par les militaires afin de doubler celle du col de Vars. Sous le col du Parpaillon, entre 2637m et 2645m, se trouve le tunnel du Parpaillon que la route construite de 1891 à 1911 emprunte pour relier les deux versants. Le Parpaillon est emprunté depuis très longtemps, à la fin des années 1600, un chemin empruntable par l’artillerie avait déjà été fait. Lorsqu’il a fallu goudronner l’un des deux cols, c’est le col de Vars qui l’a été (altitude plus faible) laissant le col du Parpaillon au statut de col non goudronné malgré une piste encore entretenue.
Suite à la descente du col de Vars, nous arrivons à la Condamine Chatelard, justement le pied du versant Sud du Parpaillon, l’ascension de ce col ne sera pas pour cette fois, c’est le lot d’une traversée des Alpes : on ne peut pas grimper tous les cols intéressants à proximité de notre parcours.

 

Logement : au camping de la Condamine, où il y a un batiment avec deux pièces de dortoirs. Bon marché, tout le confort nécessaire pour une nuit (nous étions seuls dans un dortoir d’une vingtaine de lits). Excellentes pizzas au feu de bois à la pizzéria du village (à 10min du camping, à l’écart).

rédacteur du site
  1. Yann
    Quel régal, cette cinquième étape ! et la quatrième aussi, d'ailleurs, et la troisième, et ... Grand merci pour ces photos et commentaires.. mais j'ai un tas de questions... Il n'y a pas des moments, où vous vous dites "mais quelle idée, qu'est ce que je suis venu faire ici ?"... parce que moi, ça me traverse dans toutes les cotes, et pourtant, je m'y recolle à chaque fois... Et l'alimentation ? des choses particulières par rapport aux randos à la journée ? Et la fatigue ? Elle ne s'accumule pas au bout de cinq jours ? Encore bravo et qui sait, peut être à bientôt sur une route ou une piste en pente ?... Yann
  2. Bosses21
    Sublime, 1000 fois sublime ! Mes yeux sont tout embués devant ces récits et photos que je peux partager un peu avec vous car j'ai grimpé la plupart des cols de votre parcours. Encore bravo à toi et aussi à Simon - fidèle co-équipier d'une aventure magnifique ! Vivement la suite avec sûrement la Cime de la Bonnette... ou alors le col d'Allos... ou alors le col de la Cayolle tous au sud... PS : Tu n'as pas pris une petite photo du saisissant fort de Tournoux accroché sur une falaise peu avant Condamine ?
  3. Bast
    Yann > Pas d'objectif de performance pour nous, et pas d'alimentation particulière, si ce n'est quand même qu'on a l'habitude de manger léger à midi (sauf exceptions comme au tour du lac du Bourget), et que le soir on se fait plaisir avec hamburgers savoyards ou pizzas bien garnies... :) On a fait une pause à Briancon (1 jour), pas tant pour la fatigue et la difficulté du parcours (on aurait pu tracer direct jusqu'à Cannes), mais pour un peu plus de confort (en particulier, j'ai très peu dormi les premières nuits, il me faut le silence complet...), j'avais un souci avec une pédale dont j'ai perdu une pièce et qui grinçait à chaque coup de pédale, le truc à me rendre fou (donc visite chez un cycle qui n'a rien pu faire, pédale à changer), passage dans un cyber pour décharger les cartes mémoires photos, petite visite à Briançon en vélo (loin d'être plat d'ailleurs !), et une marche vers un fort (il y a des forts partout dans le coin). En dehors de la fatigue, c'est surtout parfois une baisse de motivation (surtout chez moi, je crois), pas trop envi de faire l'effort à un moment donné... Point de vu parcours, une seule fois je l'ai trouvé usant et dur dur: l'enchainement Finestre, piste de l'Assietta (cailloux et gros pourcentages); avec les vélos qu'on utilise et le chargement, là je me suis posé la question: mais qu'est ce qu'on fait là (surtout quand tu vois les motards passer...). A bientôt. Bosses21 > Merci encore pour ces sympathiques commentaires. Le fort de Tournoux, non je ne l'ai pas pris, ça n'était pas idéal lorsque nous sommes passés à coté et la photo n'aurait pas bien rendu.
  4. Yann
    Merci pour ces commentaires, qui me montrent que Simon et toi ne sont pas des extraterrestres ! ... ce qui rend votre périple à mes yeux encore plus attrayant ! Je dois avouer que ce qui me séduit énormément dans vos récits, ces qu'il n'est jamais question de moyenne, de vitesse, de temps à battre, et que quand c'est beau, eh bien, on s'arrête, on fait une photo... Ce qui n'empêche pas l'effort, car comme chacun sait, le paysage est tellement plus beau quand on le découvre à la force des mollets ! Bon courage pour la suite et encore merci de nous faire partager tout cela Yann
  5. Simon
    Je confirme ce qu'a dit Bastien, nous ne mangeons rien de particulier. On essaye de prendre un bon petit déjeuner (ca aide!) et à midi on mange des sandwiches et un peu mieux le soir. Pour la répétition de l'effort, j'ai trouvé que ma condition physique s'améliorait au fil des étapes, mais surtout, on va à notre rythme. Pour Joris, non malheureusement pas de photos du fort de Tournioux. Pourtant le camping était quasiment au pied. Dommage, une photo de loupée. Mais vous savez ce qu'on dit, "une photo de perdue, dix de retrouvées" ! :)

Laisser un message

*

captcha *