Traversée des Alpes: 6ème Etape, de la Condamine à Puget


Il reste encore un bout pour ce cycliste avant d'atteindre le sommet visible tout au fond à gauche

Départ tôt de la Condamine Chatelard pour ce qui s’annonce comme l’une des journées les plus difficiles du voyage avec l’ascension de la cime de la Bonette, suivie du col de la Couillole. Après un court arrêt petit déjeuner à la boulangerie du coin, nous nous lançons pour quelques kilomètres de descente en direction de Jausiers le long de l’Ubaye. Les jambes tournent bien, l’air est vif, frais, et la froideur réveille les organismes encore un peu engourdis avant la longue montée qui nous attend.

 Gros morceau en perspective que la cime de la Bonnette, plus de 24 km de long depuis Jausiers. Mais, et il faut bien l’avouer, même si l’ascension est longue, elle n’a rien de bien difficile. Le pourcentage moyen (6,6%) est comme son nom l’indique… moyen, et à part les derniers kilomètres tout cela est bien roulant. Mais il ne faut pas la sous estimer pour autant, ne serait ce que du fait de son altitude finale et de sa longueur. Il faut simplement essayer de gérer tranquillement sa montée sans oublier la descente. En effet, la cime de la Bonette restera pour moi comme le lieu de la chute spectaculaire (heureusement sans conséquence) du coureur sud africain de la Barloworld John Lee Augustyn qui se loupa dans un virage pour se retrouver dans la caillasse une dizaine de mètres plus bas.

 

Mais revenons à l’ascension. On commence les 4 premiers kilomètres par monter en épingles sur les hauteurs de Jausiers. Les pourcentages sont relativement réguliers, oscillant entre 6 et 7%. Une fois passées les dernières habitations, la route grimpe parallèlement à la vallée. Arrivé à “La Chanalette” au 6ème kilomètre les pourcentages se font plus importants, environ 8% de moyenne. Peu après 2000 m un léger replat permet de se reposer temporairement. On se retrouve dès lors dans les alpages d’altitude. On passe devant le lac des Essaupres et la pente reprend aussitôt. On est au beau milieu d’un cirque d’altitude avec en ligne de mire le col de Restefond, dernière étape avant la Cime de la Bonnette. Le décor devient de plus en plus minéral au fur et à mesure que l’on prend de l’altitude. On passe devant les vestiges de la caserne de Restefond construite au début du XXème siècle, et témoignage de la “ligne Maginot des Alpes”. Encore quelques centaines de mètres et nous obliquons sur la droite pour aller chercher le faux col de Restefond. Une petite photo et c’est reparti. On prend une piste à gauche pour récupérer le col de Restefond et l’on se retrouve rapidement au col de la Bonette. La cime, immense masse minérale grise, est impressionnante. On est face à une rampe à plus de 14%, pour atteindre le sommet. Quelques efforts supplémentaires et nous atteignons le sommet de la plus haute route goudronnée de France. Beaucoup d’étrangers sont présents au sommet.

 On s’habille chaudement et nous entamons la descente jusqu’au col des Granges Communes (2513m) puis nous prenons une piste sur 200m au niveau du camp des Fourches pour aller chercher le col du même nom. La descente sur Saint Etienne de Tinée est superbe. Ensuite, on poursuit par une légère pente descendante jusqu’à Saint Sauveur, vent de face la plupart du temps. Une piste cyclable permet d’éviter la route sur une bonne partie de la vallée.

A Saint Sauveur, un virage à 180° sur la droite nous emmène en direction du village puis nous obliquons tout de suite sur la droite, pour les premières rampes de la montée au col de la Couillole : 16 km de long pour près de 1168m de dénivelé avec un poucentage moyen de 7,3%. Avec la fatigue accumulée, cette ascension n’est pas des plus faciles. Mais il faut bien lui reconnaître une chose, elle est superbe à tous points de vue. La vue est splendide et la pierre commence à prendre cette couleur ocre que nous allons admirer un peu plus tard dans les gorges du Cians. Le village de Roubion est comme posé sur un éperon rocheux, accroché délicatement à la falaise, dominant la vallée de ses remparts. La vue est magique. L’effort est soutenu, mais nous arrivons malgré tout au sommet du col de la Couillole (1678m) entourés par les moucherons.

Après une courte pause, nous redescendons sur le village de Beuil avant de nous lancer dans la magnifique descente des gorges du Cians au milieu des parois de schiste rouge ravinées par ce petit torrent alpin qui prend sa source au pied du Mont Mounier (2817m). La route est splendide, entourée d’ocre dont le soleil fait jouer les subtiles nuances. Malheureusement toutes les bonnes choses ont une fin et nous débouchons finalement sur la départementale 6202 que nous prenons en direction de Puget Théniers où nous passerons la nuit. Simon

La route de la cime de la Bonnette fut gravie quatre fois par le Tour de France en 1962, 1964, 1993 et 2008 avec en tête au sommet respectivement Frederico Bahamontès, bis, Robert Millar et John Lee Augustyn.

Logement : Pas grand chose à conseiller étant donné que nous avons dormi à la belle étoile dans un parc municipal.

 

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