Lyon – col de Portes – Grd Colombier

Il y a certains cols qui ne laissent pas indifférents, par leur difficulté, par leur paysage, ou bien par les anecdotes qui se sont déroulées sur leurs pentes. Le col du Grand Colombier fait parti chez moi des cols qui engendrent une certaine fascination, j’y suis venu, retourné, et j’espère y revenir. Jeudi 17 mai, nous sommes partis de Lyon pour rejoindre le Grd Colombier en passant par le col de Portes. Si vous roulez à Lyon et que vous êtes à court d’idée, c’est un parcours à envisager, car il comporte deux beaux cols, et que sa diversité dans les routes et difficultés empruntées reflète assez bien la variété de la région lyonnaise (ou Rhône-Alpes).

Après s’être retrouvés à notre lieu de rendez-vous, nous voilà partis pour traverser une partie de la banlieue Nord de Lyon jusqu’à Montluel. Habituellement, la fréquentation de ces routes n’incite pas à élaborer des parcours cyclistes dans ces lieux, mais ce matin, il n’y a pas grand monde et nous ne sommes pas dérangés. La suite, la traversée de la plaine de l’Ain par les villages de Balan et de la Valbonne n’est jamais vraiment désagréable, les petites routes existent et sont même assez nombreuses. Finalement, nous arrivons rapidement à Lagnieu où débutera, après un arrêt à la boulangerie, la montée au col de Portes (1010m), porte d’entrée dans le Bugey et, selon moi, l’un des plus intéressants cols du massif. Il y a de multiples façons d’arriver au col de Portes, les routes sont bucoliques à souhait et c’est déjà une belle difficulté ou mise en jambe avant le col suivant. La montée de Lagnieu, donc, fait une quinzaine de kilomètres, souvent dans des pourcentages à environ 7%. Ma préférence va plutôt à la montée par Bénonces (plus au sud), encore plus tranquille et belle, mais choisir cette montée pour ce parcours, c’est choisir de monter les derniers kilomètres du col de Portes en aller-retour. Enfin, il faut rappeler que si le sommet du col de Portes n’a rien d’extraordinaire, on pourra toujours grimper un sentier de 100m pour arriver au calvaire de Portes et découvrir une magnifique vue sur la région et les Alpes.


Début de la montée au beau col de Portes

Au sommet, nous trainons un peu en discutant avec un cycliste qui vient de se remettre au vélo (et ex coursier), nous parlons de son beau vélo à 6,8kg (ou pas loin), de nos parcours respectifs, et il nous dit qu’il n’aimerait pas être à notre place tout à l’heure dans le Grd Colombier. Nous nous séparons puis passons par le village d’Ordonnaz avant d’entamer la vraie descente du col qui nous emmène dans la vallée. La route est belle et rugueuse, typique du Bugey, presque sans voiture et au détour de certains virages elle nous offre quelques vues magnifiques. On pourra aussi profiter d’une vue plongeante sur la cluse des Hopitaux un peu excentrée par rapport à la route, et non indiquée. Beaucoup de cyclistes doivent la louper.


Superbe vue

Une fois à 200m d’altitude, Artemare se rapproche rapidement. C’est le départ de la montée au Grd Colombier. Pour résumer, je dirais que si vous voulez faire le plus dur vous prenez la montée par Artemare ou Talissieu, et si vous préférez privilégier les paysages avec moins de difficulté, vous pourrez monter en partant de Culoz. Nous, nous avons choisi de monter par Artemare puis de redescendre sur Culoz.

De Artemare à Virieu le Petit, les pourcentages sont classiques, de 6 à 9%. A Virieu, les choses vont changer car le mieux est de prendre un raccourci vers la sortie du village qui nous permettra d’atteindre les plus fortes pentes du col (19% sur 400m en moyenne, j’avais mesuré un maximum à 24% sur 20m). Ce raccourci effectué, nous sommes sur les hauteurs de Virieu et la pente au début raisonnable à 10% ne va faire que s’accentuer pour de longues rampes en forêt jusqu’à environ 20% (max 22%). Ces 4 kilomètres à la suite du raccourci sont terribles, et le soulagement est grand lorsque nous arrivons à la Selle, carrefour entre les routes venant d’Artemare et de Champagne. La suite sera moins difficile jusqu’aux derniers kilomètres à environ 10% (avec souvent du vent) qui nous permettent de rejoindre le sommet.

Au col, beaucoup de touristes, qui profitent de la vue même si le temps se couvre. On nous offre gentiment à boire, je prends en photo une cycliste exténuée qui vient d’achever sa troisième et dernière montée de la journée avec son club. Ensuite, nous descendons vers Culoz en profitant de la vue. C’est la fin de notre parcours d’aujourd’hui.

Cette année, le Grd Colombier sera au programme du Tour de France comme il l’a été sur le Dauphiné. Les coureurs monteront de Culoz, l’arrivée sera très loin du sommet, c’est dommage pour l’introduction d’un tel col de le positionner comme cela. Le risque est grand qu’il ne se passe pas grand-chose, d’un autre coté, avec le nombre de kilomètres en CLM, certains coureurs devront bien en profiter. Je rêve d’une étape avec une arrivée au Grd Colombier en passant par Virieu le Petit (dont son raccourci) après une première partie dans d’autres cols du Bugey. L’enchainement col de la Biche (en partant de Seyssel) puis final sur la partie décrite plus haut jusqu’au sommet du Grd Colombier serait également exceptionnel. Au Tour, il manque clairement des enchainements de cols très raides sans vallée avec arrivée au sommet.

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