J1 : Ambérieu – Chalet des Tuffes

Sur la route de la Forêt du Massacre

Sur la route de la Forêt du Massacre

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t voilà, c’est parti pour 6 jours de vélo à travers le Jura puis les Alpes. Ce matin, nous sommes le 11 août 2013. Jusqu’au dernier moment, nous avons scruté les prévisions météo pour savoir si nous pouvions être optimistes quant à ce séjour ou bien s’il était préférable de s’inventer un autre parcours, dans les Alpes du Sud. Heureusement, la semaine s’annonce comme les précédentes, estivale.

Je retrouve « JP » arrivé de Mayenne et « Mat », en provenance de… Lyon, à la gare de la Part Dieu. Nous prenons le train de 8h30 à destination de Genève. En fait, 30 min plus tard nous descendons à Ambérieu en Bugey, aux portes du Bugey et donc du Jura.

Le Jura est comme un escalier débutant à l’Ouest et se terminant à l’Est. Nous grimperons donc progressivement et l’entrée en matière ne sera pas trop violente.

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ette première étape doit nous emmener aux portes de la Suisse, dans le Haut-Jura, au pied des pistes de ski de la station des Rousses et d’un sommet du Jura Suisse surmonté d’un radar de l’aéroport de Genève, la Dole. Nous n’irons pas au sommet avec nos vélos de route cette fois-ci. Mais si vous ne connaissez pas la Dole, n’hésitez pas à aller y faire un tour à pied ou en randonnée VTT. Choisissez bien votre journée (si possible au lever ou coucher de soleil), ensoleillée mais claire, et vous aurez droit à l’une des plus belles vues du monde avec le Jura d’un côté et le Léman et les Alpes de l’autre. Nous aurons une vue similaire au Chasseron, le lendemain.

Revenons à notre périple. Une fois arrivés à Ambérieu, nous descendons du train et vérifions nos montures avant de nous lancer. JP en profite pour se mettre torse nu, il le sera presque tout au long du séjour : il « chauffe » vite apparemment…

Nous n’avons même pas quitté Ambérieu que, déjà, sommes ralentis. C’est la selle de JP qui vient de céder d’un côté, et sa sacoche de selle également. Finalement, ce n’est pas trop grave, il roulera penché tout le parcours et ça tiendra… !

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es Gorges de l’Ain proposent les premières routes intéressantes. Mine de rien, c’est environ 70km pour les traverser. C’est plat sur le papier, un peu moins sur le terrain mais globalement c’est une entrée en matière très facile, roulante, parfaite pour le vélo et ce ne sont certainement pas les nombreux cyclotouristes lourdement chargés que nous croisons qui diront le contraire. Normalement, on croise plus de cyclistes que de voitures. Ces gorges nous permettent de remonter jusqu’au pied du barrage de Vouglans. Le lac de Vouglans, si tant est qu’il ne soit pas trop « sec », est selon moi l’un des plus beaux grands lacs de France. C’est le 3ème lac artificiel du pays après Serre-Ponçon et Sainte-Croix.

Je vante les attraits du lac de Vouglans mais en réalité nous l’approchons mais ne le verrons pas. Arrivés à proximité du barrage, nous prenons à droite pour entamer la première difficulté, non sans avoir rempli nos bidons à une fontaine bien placée.

Le col du Cerisier, 723m, se grimpe en 7 kilomètres assez ardus. C’est un vrai col même si il faut reconnaître qu’il est peu visible de la route. Le Tour de France l’a emprunté en 2010 dans l’étape se terminant à Lamoura. La montée s’appelait la côte du barrage de Vouglans, elle était classée en 2ème catégorie.

Au sommet, pas de panneau, si ce n’est, un peu plus loin, une borne routière avec écrit au marqueur « col du Cerisier ».  Chacun arrive à son rythme. Nous ne redescendons ensuite pas très bas, puis passons à Moirans en Montagne où nous mangeons à côté. Moirans est connue pour son économie du jouet (en bois surtout).

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’est un peu à partir de Moirans que nous entrons dans le Jura perdu et ses petites routes forestières qui desservent des villages qui semblent beaucoup plus coupés du monde qu’ils ne le sont en réalité car le massif est plutôt facile d’accès et les grandes villes jamais très lointaines. Nous montons facilement au col des Crozatiers (860m) à proximité du paisible village Les Crozets que nous traversons avant de continuer, doucement, notre montée pour aller glaner le col de Nanchez (960m). Ce col là, heureusement qu’il est référencé par les 100 Cols (et que géographiquement il est évident) car aucun panneau ne vous le signalera.

La suite nous emmène du côté des Prés de Valfin où la vue y est superbe sur une partie du Jura. La route est étroite, sinueuse, nous trouvons une fontaine, un banc… c’est le paradis… Nous descendons doucement jusqu’à Valfin puis la ville de St-Claude, capitale de la pipe et du diamant.

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t-Claude est une ville animée en été, nous passons à côté des Cycles Burdet (d’où vient mon Lapierre…) puis de la cathédrale (St-Pierre-St-Paul-et-St-André de Saint Claude !). Un peu plus loin, c’est le début de la montée principale du jour, il s’agit des lacets de Septmoncel qui nous permettent de remonter les gorges du Flumen. Aujourd’hui, elles sont même un peu trop touristiques à notre goût car les voitures, motos, camping cars sont nombreux à nous doubler et la route n’est pas large. Nous n’allons pas jusqu’au village de Septmoncel puisque nous bifurquons à droite pour continuer à monter sur une route calme où nous nous arrêtons au belvédère de la Cernaise. La dernière fois que j’y suis venu, c’était l’hiver, avec le vélo.

Dans les lacets de Septmoncel, le chapeau de Gendarme

Dans les lacets de Septmoncel, le chapeau de Gendarme

Nous prenons ensuite la route des Molunes, au total, l’ascension débute à environ 400m à St-Claude pour s’achever à 1220m au milieu des forêts et alpages jurassiens.

La route continue vers le village de Lajoux, puis nous entamons la traversée de la forêt du Massacre qui durera une vingtaine de kilomètres. Cette forêt est composée principalement d’épicéas.

La forêt du Massacre, autrefois appelée forêt de La Frasse, a changé de nom au cours du XVIe siècle pour des raisons historiques.

Elle est appelée « du Massacre » dès 1535, après un affrontement qui oppose 600 mercenaires italiens, commandés par Renzo de Céry et envoyés par François Ier, à des armées du Duc de Savoie Charles III, commandées par le Baron de la Sara. Les mercenaires italiens sont envoyés secourir la ville de Genève, qui est alors assiégée par les Savoyards et a demandé de l’aide au roi de France. Cependant, après avoir été stoppés au Col de la Faucille, ils sont repoussés dans la vallée de la Valserine, puis dispersés et anéantis dans cette forêt par les Savoyards.

Deux autres batailles s’y étaient déroulées un an auparavant, opposant déjà les armées de François Ier et les armées savoyardes dans les plaines autour de Gex. Lors de ces deux batailles, les troupes du roi de France avaient également été défaites.

Les habitants du Jura, témoins de ces terribles tragédies (et n’étant pas partie prenante à ces batailles car la Franche-Comté n’était pas encore française à l’époque, mais relevait du Saint-Empire), ont donc renommé cette forêt « de La Frasse » en forêt « du Massacre ». Source : Wikipédia

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e ne sais pas si cela est un bon argument touristique mais la forêt du Massacre est candidate au titre de plus froide forêt de France, avec un enneigement conséquent qui peut permettre la pratique du ski de fond jusqu’à fin mai, comme cette année. D’ailleurs, en cette fin de journée pourtant chaude, nous ressentons bien la fraicheur des lieux et cela pousse même JP à se rhabiller l’espace d’un instant ce qui est assez rare pour le signaler… La route qui nous permet de traverser est fermée l’hiver mais elle est malgré tout dans un état très correct. Nous faisons un arrêt au Goulet, col répertorié par les 100 Cols à 1374m d’altitude, non loin du point culminant du département du Jura à 1495m (Crêt Pela).

J’aurais bien aimé voir le fameux épicéa muté, mais ce sera pour une autre fois car désormais nous ne sommes plus très loin de l’arrivée. Au départ j’espérais dormir au chalet de la Frasse, situé dans le Massacre mais nous n’avons pas réservé car il était demandé 30% en arrhes (alors que nous devions décider au dernier moment selon la météo) et que 2 jours avant notre départ j’ai rappelé pour cette fois réserver et on m’a annoncé que le dortoir était fermé la nuit qui m’intéressait. La gérante n’était pas très claire (je pense qu’elle n’avait tout simplement pas envie d’ouvrir le dortoir pour 3 personnes), mais je ne vais pas pour autant déconseiller l’adresse, on y mange certainement très bien et le cadre est excellent.

Comme solution de « replis », nous sommes finalement allés au chalet des Tuffes, grande bâtisse gérée par le CAF au pied des pistes de ski des Rousses à 1220m d’altitude.

CHALET DES TUFFES
Le gérant est sympa, le menu est du jour et nous avons mangé à notre faim. Nous avions demandé un dortoir mais dans une chambre de 4 lits, nous étions seuls avec un bon confort. Le gite est facilement accessible et au calme, le gérant nous a même ouvert son local pour que nous puissions entreposer nos vélos. http://chaletlestuffes.ffcam.fr

rédacteur du site
  1. Anthony C
    Bonsoir.J’avais fait il y a un peu plus de six ans une traversée du Jura à ski de fond, passant par les la Chapelle des Bois, Rousses, la forêt du Massacre, Bellecombe, La Pesse… Au chalet de la Frasse, on mange très bien mais comme dans beaucoup de chalets jurassiens. On nous avait servi un grand plat à base de fromage (morbier ?), une grande salade et je ne sais plus car cela fait longtemps mais c’était copieux et cela récompensait la journée. On y accédait après une petite montée dans la forêt. Il y avait une cheminée centrale au rez-de-chaussée sous l’étage des dortoirs. Certains s’asseyaient autour du feu. Le seul problème, je ne sais plus si c’est dans ce chalet mais il est possible que les douches soient dans un bâtiment à côté, juste à côté certes mais il faut marcher un peu dans la neige l’hiver pour y aller. C’est souvent le cas dans les chalets montagnards.   Ah oui, dans le Jura, il fait froid. D’ailleurs, je crois que Mouthe, village plus au nord, est le plus froid de France !
  2. Bast
    Bonjour Anthony, merci pour ton témoignage sur le chalet de la Frasse ! Pour l'eau, je crois qu'il y a juste un lavabo pour se laver et que la quantité est limitée. Mais bon, c'est peu de choses à coté des autres points positifs.

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