J2 : Chalet des Tuffes – Hôtel du Chasseron

Au Chasseron, vue vers l'hôtel et le Léman jusqu'au Mt Blanc

Au Chasseron, vue vers l’hôtel et le Léman jusqu’au Mt Blanc

Cette deuxième journée s’annonce sous les meilleurs auspices : nous nous réveillons tranquillement avec un copieux petit-déjeuner et pas un nuage ne vient couvrir le ciel du Jura. Nous allons pouvoir profiter pleinement des paysages du jour et des cols…

Quelques minutes après notre départ, nous franchissons la frontière suisse.  Déjà, un panneau de col, c’est le col de la Givrine à 1228m d’altitude. Quelques photos prises, nous faisons la belle et longue descente en plongeant du côté du lac Léman, lac que nous apercevons de mieux en mieux jusqu’au point bas de la descente aux alentours de 710m. Les habitants des villages de la région ont pour beaucoup une vue magnifique sur les Alpes et le lac Léman, mais ce matin, la vue est bien plus belle en vraie que sur des photos prises à contre-jour.

Dans la combe des Amburnex

Dans la combe des Amburnex

C’est à 700m donc que nous débutons la montée à la combe des Amburnex qui nous mènera à plus de 1300m. La route est belle, les voitures ont presque disparu, nous n’avons qu’à contempler le paysage. Nous roulons dans cette combe pendant près d’une dizaine de kilomètres, il semble que la route ait été faite pour les vélos, nous voyons passer plusieurs cyclistes. L’endroit est dans ma liste des lieux où acheter un chalet (la liste est assez longue, je ne suis pas sûr de pouvoir tout acheter). Là encore, c’est un lieu très froid puisque les températures tombent souvent à -40°C l’hiver au fond de la combe. Il s’agit d’un phénomène connu et qui a ses passionnés qui scrutent les meilleurs trous à froid. La combe des Amburnex est tout en haut dans le classement et Météo Suisse y a installé deux stations météos qui permettent des relevés quotidiens de températures dans ces sèches particulières (des dépressions peu profondes entre 1000 et 1300 m d’altitude, dans le Jura suisse, au milieu des forêts denses d’épicéas). Tout ceci me donne l’idée de venir camper une nuit d’hiver là-bas afin de savoir ce que cela fait -40°C. S’il y a des volontaires, merci de se manifester… !

J’arrête là la page climat ; la combe des Amburnex est au pied du Mt Tendre, plus haut sommet du Jura suisse (à exactement 1678,8m), et du col du Marchairuz (1447m). Nous faisons un petit détour pour l’atteindre. Du côté du Léman, c’est une bonne montée avec du dénivelé (pas loin de 1000m), de l’autre côté, c’est plus court mais les pourcentages sont assez importants. Nous restons dans le Jura et descendons vers le lac de Joux à 1004m dans la vallée de Joux. Ce lac de 9,5km² est vraiment magnifique et nous le longeons par le Nord (route plus tranquille).

A son extrémité, nous passons dans le village Le Pont puis commençons la montée au col de Pétra Félix (1144m). Nous souhaitons continuer ensuite jusqu’au chalet de la Dent de Vaulion à 1410m légèrement en contrebas de la Dent de Vaulion (1483m). Cette Dent de Vaulion, bien visible du lac de Joux, propose une formidable vue sur la région et les lacs de Joux, Brenet et Léman. Nous pourrons donc manger une spécialité du Jura puis grimper au sommet pour prendre des photos.

Descente du col du Marchairuz dans la vallée de Joux

Descente du col du Marchairuz dans la vallée de Joux

Malheureusement, dès le début de la montée, la chaîne du vélo saute de plus en plus et se casse. Cela faisait quelques semaines qu’elle sautait mais je ne savais pas bien pourquoi. JP et Mat me laissent pour aller voir autour du lac si il y a un vélociste qui pourra nous aider. Par chance, ils reviennent rapidement, je me dirige vers un garagiste au village Le Pont. Il est très sympa et bricole ½ heure sur le vélo pour me permettre de faire quelques kilomètres et de retrouver un autre commerce qui devrait arranger les choses. Je repars au bord du lac et, en moins de 10 km où la chaine saute à chaque tour de roues, j’arrive dans un village où se trouve un réparateur de tondeuses, bateaux, et de vélos. Il bricole et me demande si je veux changer la chaîne en me le déconseillant (il y a des risques entre une chaîne neuve et des pignons usés) ou bien si il garde la même en la réduisant. Je choisi la deuxième solution. Entre temps, JP et Mat sont partis chercher à manger car le chalet de la Dent de Vaulion est maintenant trop loin…

Nous mangeons au bord du lac. Puis repartons en sens inverse et réattaquons le col de Pétra Félix. Le vélo marche parfaitement, je n’ai plus aucun bruit. Nous nous en sortons plutôt bien, comment aurais-je fait si j’avais été dans un endroit perdu et sans pouvoir pédaler ?

La déception vient surtout du fait que, vue l’heure avancée, nous allons devoir supprimer du parcours la montée à la Dent de Vaulion. C’est dommage car cette montée vaut vraiment le détour.

Lac de Joux

Lac de Joux

La longue descente du col de Pétra Félix nous amène presque en plaine (600m), nous longeons le Jura Vaudois et pouvons voir le montagne du Suchet (1588m) et même son chalet (1489m) autre lieu à visiter pour la vue et la pente (route en cul-de-sac avec les 8 derniers kilomètres à presque 10% de moyenne).

Pour nous, la prochaine montée sera le col de l’Aiguillon (1293m) au départ de Baulmes. La description est assez simple : 7 kilomètres à près de 10% avec une route assez régulière. La montée est calme et nous débouchons dans un bel alpage au pied des aiguilles de Baulmes, le col est un peu plus loin. Dommage pour nous, le panneau de col a disparu et le coin est banal, en forêt, contrairement à l’alpage. Au final, si on excepte le dernier kilomètre en faux plat, le col de l’Aiguillon équivaut en gros à 2/3 du Mt du Chat par son versant Est, un beau morceau donc et un super col à grimper.

Le Pont - Lac de Joux

Le Pont – Lac de Joux

Nous descendons ensuite sur l’autre versant puis remontons en même pas 100m de dénivelé au col des Etroits (1152m), à l’entrée de la ville de Ste Croix. Une nouvelle descente puis il ne reste plus qu’un peu moins de 600m de dénivelé pour monter à l’hôtel du Chasseron (1590m) juste en contrebas du Chasseron (1606m). La montée commence doucement à 6% mais ma chaîne recommence subitement à sauter et à faire du bruit. Je m’arrête et m’aperçois qu’elle est de nouveau sur le point de sauter, encore quelques coups de pédales et ça pétera ! Nous discutons et la meilleure solution est de finir à pied pour moi. Je marcherai un peu plus de 4 kilomètres pour atteindre l’hôtel et demain je n’aurai qu’à me laisser glisser jusqu’à Ste Croix où Mat a repéré un vrai vélociste.

La route du Chasseron est raide, à près de 10% avec des passages bien plus pentus. Lorsque l’on débouche dans les alpages, certaines portions ne sont pas goudronnées. En fait, le goudron sert juste de sécurité pour les camions livreurs dans les passages vraiment raides.

Sous les aiguilles de Baulmes, route du col de l'Aiguillon

Sous les aiguilles de Baulmes, route du col de l’Aiguillon

Comme attendu, la vue là-haut est superbe. Nous avons repoussé d’une journée notre séjour pour pouvoir dormir dans cet hôtel. Le beau temps est avec nous, la vue porte sur les Alpes, le lac de Neuchâtel au pied du Jura et le lac Léman. Avec Mat, une fois installés, nous partons à pied au sommet prendre des photos du soleil couchant. Ensuite, nous nous mettons à table en demandant de bien charger nos plats, les journées de vélo comme cela rendent voraces…

Hôtel du Chasseron

L’accueil dans cet hôtel est excellent, la propreté impeccable, il n’y a rien à dire. Nous avons choisi le dortoir où nous étions seuls. Le restaurant est très bon également. Il s’agit en fait d’un bâtiment que l’armée suisse loue au gérant de l’hôtel.

http://www.chasseron.ch/

rédacteur du site
  1. Bosses21 / Alpes4ever
    Salut Bast, une belle aventure cette traversée du Jura, j'attends chaque épisode avec impatience ! Des paysages et des photos sublimes comme d'habitude ! Comme toi, à chaque fois que je vais dans le Jura, j'ai une envie irrépressible d'acheter un chalet ! Cette région est magnifique ! J'ai bien aussi aimé ton histoire sur le "pôle nord" mais je t'assure que pour avoir déjà dormi dans une grange ouverte par -10°C (j'ai fait de scoutisme dans ma jeunesse), c'est une expérience rafraîchissante mais que j'ai évité à renouveler ! D'ailleurs j'avais bêtement soif au petit matin mais l'eau de ma gourde avait geler !
  2. Bast
    Salut Joris, oui un chalet ou ancienne ferme dans le Haut-Jura serait top, j'adore le coin qui va de Lamoura à Bellecombe, et aussi la "haute chaîne du Jura" mais là c'est quasi impossible d'avoir quelque chose si ce n'est dans la vallée de la Valserine.
    Pour le camping dans le trou à froid, j'irais bien équipé, avec vêtements chauds. Sinon, au pire, il faut faire un igloo et la température sera proche de 0. Autre possibilité : prendre un peu d'altitude et sortir du trou à froid (aller sur les hauteurs de la combe) et là on gagnera facilement 10°C, ce qui ne veut pas dire qu'il fera doux non plus ;)
  3. Bosses21 / Alpes4ever
    Bast, il faut absolument que tu rencontres Jean-Louis Etienne (http://jeanlouisetienne.com/) !!!
  4. cestdurlevelo
    Quelle belle ballade! Des coins que je connais, mais.... pas tous! Loin de là, d'ailleurs. Et visiblement, cette combe dont tu parles, qui me parait être le plus beau coin de toute la ballade, je ne la connais justement pas.Si j'ai le temps avant l'hiver et la neige, j'irai y jeter un coup d'oeil !En tout cas bravo, surtout qu'avec tes soucis de chaine, ça aurait vraiment pu te gacher l'expérience et la journée, et visiblement tu en as profité... jusqu'au bout!!! (coucher de soleil)
  5. Bast
    Effectivement, la combe est magnifique, parfaite pour le vélo, et elle est plutôt longue en plus. A faire et refaire !
    Pour la chaîne ça s'est bien terminé, c'est surtout dommage de ne pas être monté à la Dent de Vaulion.

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