J4 : Auberge du lac des Joncs – Lac des Chavonnes

Lac de l'Hongrin

Lac de l’Hongrin

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La journée s’annonce corsée, nous irons chercher les cols raides et nous prenons un bon petit-déjeuner à l’auberge des Joncs avant d’enfourcher nos vélos. La redescente au village Les Paccots (1060m) nous permet de nous réveiller un peu plus avec les mains crispées sur les freins qui ont fort à faire dans cette région. Rapidement, la pente se redresse dans l’autre sens, nous roulons vers le col de Belle Chaux (1510m). Il doit bien y avoir quelques kilomètres aux pourcentages à deux chiffres, le cadre est sauvage et magnifique, une ou deux voitures seulement nous doublent, elles ne vont pas bien loin car cette route est en cul-de-sac et dessert plusieurs fermes dans les alpages. Dans une randonnée itinérante, ce genre de montée de bonne heure fait partie des meilleurs moments je trouve, il y a les paysages bucoliques, la route qui serpente au milieu, des cyclistes qui sembleraient presque perdus tellement ils sont loin des « grandes et mythiques ascensions du Tour de France », l’ambiance est souvent particulière au lever du jour, c’est un peu pour tout cela que le col de Belle Chaux est l’un de ces souvenirs à ne pas oublier et c’est aussi pour cela qu’il est une belle entrée en matière.

La météo s’annonce plus mitigée que les premiers jours. Les montagnes encadrants le col de Belle Chaux tutoient les nuages qui glissent sur leurs flancs. Là où nous allons, les nuages sont plus présents encore. Nous verrons bien, pour le moment nous sommes gâtés par le temps.

JP au col de Belle Chaux - Photo de Mat

JP au col de Belle Chaux – Photo de Mat

C’est arrivés au col et au son des grosses cloches que nous changeons de chaussures pour descendre sur l’autre versant par un sentier passant par un refuge puis rejoignant une route goudronnée plongeant dans les gorges de l’Eoi puis au village d’Albeuve (769m).  En descendant, une grosse frayeur puisque j’entends un gros bruit puis voit soudain sur ma gauche, au détour d’un virage, une avalanche de pierres provoquée par un ou plusieurs ouvriers que nous ne verrons jamais mais qui devaient être au sommet de la falaise. Tout est allé très vite, j’ai d’abord pensé faire une vidéo dès que j’ai vu ce gigantesque éboulement de grosses pierres tellement c’était impressionnant. Puis en moins d’une seconde j’ai réalisé que tout cela n’étant qu’à 50 mètres, cela pourrait très bien arriver jusqu’à la petite route que personne, ou presque, ne prend (encore une route en cul-de-sac). J’ai rapidement fait demi-tour et Mat a suivi. Je me suis senti tout petit face à cette falaise en train de sombrer.

Le retour dans une vallée n’est que provisoire. Après ravitaillement à l’épicerie, nous remontons rapidement le long de l’Hongrin qui descend depuis le lac de l’Hongrin que nous atteindrons à 1257m, non sans avoir roulé longuement sur une vingtaine de kilomètres dans des pourcentages jamais élevés (inférieurs à 10%), c’est suffisamment rare pour le signaler. La petite route qui mène au lac et à son barrage est très ancienne, on dirait presque qu’elle est abandonnée au fil du temps. Certaines portions sont dégradées. Cela a son charme, la tranquillité est garantie et le vallon au bout du monde.

Mat dans le col de la Pierre du Moëlle

Mat dans le col de la Pierre du Moëlle

Ce lac de l’Hongrin est un lac artificiel de 90,8 km². On doit faire attention lorsque l’on souhaite lui rendre visite car une bonne partie de la zone est occupée par des militaires qui font des manœuvres et des tirs d’artillerie. Pour plus de détails, on peut consulter ce lien avec le calendrier. La route qui fait presque totalement le tour du lac est souvent fermée sur une portion. Heureusement pour nous, la portion ouverte est celle qui nous intéresse. Nous roulons donc près de ce lac sur un terrain majoritairement montant puis c’est à l’est de ce lac, à la Lécherette (1379m), que nous prenons une nouvelle petite route qui nous permet d’atteindre en aller-retour le col de Sonlomont (1503m) non s’en être passés à 1581m dans de gros pourcentages. Cette petite déviation vaut le détour car la vue sur le lac est magnifique.

Nous avions prévu de manger au col mais le vent soufflait un peu fort (alors qu’il était presque imperceptible ailleurs). Finalement nous avons trouvé un banc à coté d’un vieux chalet bien entretenu comme la majorité l’est dans la région.

Discussion philosophique de cyclistes au col de la Croix (j’ai vu ce cycliste monter à toute allure le col quelques instants plus tôt):

Rassasiés, et de retour à la Lécherette, où nous remplissons nos bidons, nous continuons cette fois notre tour partiel du lac de l’Hongrin pour nous attaquer au prochain gros morceau, le col de la Pierre du Moëlle. Malgré son altitude de 1661m, à partir du lac le dénivelé est plutôt modeste et c’est un peu ce qui en limite la difficulté globale car il est très irrégulier et la route grimpe jusqu’à 20% ! Au sommet, un chalet et une belle vue. De nombreux militaires sont présents mais cela ne nous dérange pas, nous profitons un peu de l’endroit.

Col de la Croix - Photo de Mat

Col de la Croix – Photo de Mat

La descente d’environ 600m se fait sur une route dans un état très moyen parfois, mais elle doit être agréable à prendre (pour ceux qui aiment la difficulté)… Nous remontons ensuite doucement vers la station des Diablerets (1155m), station hupée et qui visiblement reste animée en été. Le prochain col à grimper est le col de la Croix à 1778m (plus haut col routier du canton de Vaud). En 8,4 km à 7,3% de moyenne, nous sommes en haut. Le temps s’est couvert. Ce n’est pas grand chose par rapport au 27 avril 2013, ce jour là, l’étape Reine du Tour de Romandie devait passer deux fois au col de la Croix, mais les conditions en ont décidé autrement.

Nous descendons ensuite jusqu’à Villars sur Ollon (1300m), Mat et JP ne m’entendent pas lorsque je leur dit de tourner à droite pour monter par une petite route au col de Bretaye (1806m) via le col de Soud (1524m). Je les rejoins donc au village puis nous rebroussons chemin pour retrouver la bonne route. La montée au col de Soud est impressionnante dans les bois, c’est probablement l’une des portions les plus marquantes du séjour avec un pourcentage constamment très élevé. J’attends JP et Mat au col puis nous continuons ensemble. Je fais un léger détour pour aller au col des Bouquetins (1759m), où passe une voie de chemin de fer qui va de Villars à Bretaye.

JP dans le col de Bretaye

JP dans le col de Bretaye

Le col de Bretaye est le lieu de départ de remontées mécaniques, nous passons en fin de journée avec une faible luminosité, l’endroit est mort, la route est en mauvais état, il y a un peu de chantier. Nous basculons de l’autre coté par une piste en bon état pour se retrouver à l’hôtel-restaurant du lac des Chavonnes au bord du lac du même nom à 1690m. L’un des employés nous attend dehors, il nous indique qu’ils commençaient à s’inquiéter de ne pas nous voir arriver, nous sommes pour le moment les seuls clients. Cela promet encore un bon repas…

 

Hôtel-restaurant du lac des Chavonnes

Excellent accueil, bon repas (et excellent pain !) bien qu’un peu léger pour nous après une longue journée de vélo. Chambres avec vue sur le lac…

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  1. bosses21
    Encore une superbe journée, tous ces cols semblent fantastiques dans cette région inédite ! Pour les cyclos qui ne répondent pas quand on les salue, ça devient malheureusement de plus en plus fréquent. Vers Dijon, il y a une piste cyclable qui longe le canal de Bourgogne. Je l'appelle la route des "pas bonjour" ! Personne ne te répond, c'est incroyable ! Du coup, je dis plutôt "pas bonjour !".
  2. Bast
    Pour les cyclistes qui ne disent pas bonjour c'est un "problème" connu mais bon on y peut rien, et je trouve qu'une très grande majorité ici à Lyon se saluent (là où je roule principalement c'est à dire au Mt d'Or).
    Lors de ce séjour, on a eu de tout, mais on a pas rencontré énormément de cyclistes non plus. Celui de la vidéo a dit bonjour ;)
  3. bosses21
    Ah bon, il a dit bonjour ?! Vu la tête qu'il fait... j'ai pourtant repassé la vidéo 3 fois... il devait être minuscule son bonjour !  Sinon, on se salue en Côte d'Or mais le fait qu'on ne se salue pas est lié juste à un passage : la piste cyclable du Canal de Bourgogne.

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