J2 – Seuil des Rochilles – Col des Ayes

En face du Grd Galibier et de la pointe du Vallon, montée aux Rochilles

En face du Grd Galibier et de la pointe du Vallon, montée aux Rochilles

Voici la première vraie journée complète de vélo. On a hâte, et nous profitons du petit-déjeuner à volonté pour faire le plein. Aujourd’hui, nous allons descendre tout droit au Sud. Il y aura deux grandes difficultés, deux bons hors-catégorie : le col des Rochilles (2 496m) et le col des Ayes (2 477m). Tous les deux sont des cols muletiers. Comme nous avons pris un peu la grosse tête à force de collectionner les cols, nous avons choisi de contourner le Télégraphe par le col d’Albanne pour aller à Valloire, de prendre le col des Rochilles pour aller à Briançon en évitant le Galibier, et pour finir nous snoberons également l’Izoard pour le col des Ayes afin d’arriver à la Chalp notre lieu de nuité.

Le col des Rochilles, via le col de la Paré (2 412m), est une montée bien connue des chasseurs de cols muletiers et autres randonneurs. Il permet, par un autre col jumeau, le seuil des Rochilles (2 459m), de basculer vers la vallée de la Clarée qui nous enmène à Briançon. En partant des Verneys, le ciel est tout bleu, nous prenons la célèbre route du Galibier. Cette portion de route jusqu’à Plan Lachat (1 962m) est belle mais rectiligne et très fréquentée par les cyclistes et surtout les voitures. Elle n’est donc pas des plus agréables. C’est pourquoi lorsqu’à Plan Lachat nous quittons la route goudronnée du Galibier pour l’ancienne piste militaire des Rochilles, nous ne sommes pas mécontents de trouver la quiétude de ce genre d’itinéraire un peu original. La piste est globalement en bon état (restaurée en 1 996), cyclable, parfois un peu caillouteuse mais rien de très gênant. La pente est plutôt raide, les lacets s’enchainent et la vue magnifique. Nous doublons plusieurs fois deux couples de randonneurs, avec qui nous échangeons quelques mots.

L'arrivée au col de la Paré

L’arrivée au col de la Paré

Entre le col de la Paré et le col des Rochilles se trouve, dans un petit renfoncement, le camp des Rochilles, anciens baraquements militaires. Au col des Rochilles, la vue est superbe sur les 2 lacs d’altitude que nous allons longer : le lac du Grand Ban et le lac Rond. Puis vient, dans un amas de grosses pierres qui nous obligent à porter un peu le vélo le seuil des Rochilles. Ce col, marqué par un panneau et une ancienne borne frontière*, est le passage pour une longue descente dans la vallée de la Clarée. Ici, plus de piste, mais un sentier difficile pour des vélos avec sacoches. Les vestiges militaires sont bien présents. Le terrain est…accidenté, il faut parfois porter, souvent marcher à coté du vélo. Cette portion, courte et rapide sur la carte, nous prend en réalité beaucoup de temps. Je fini même par glisser et tomber sans gravité sur un terrain presque marécageux digne des Highlands. C’est au refuge des Drayères (2 180m) que nous retrouvons un terrain plus convenable, une piste cyclable. A partir de là, la descente est rapide même si les kilomètres sont nombreux jusqu’à Briançon.

Aux chalets de Laval (2 030m), le goudron refait son apparition. Cette vallée de la Clarée est magnifique, très isolée. Elle doit être encore plus belle à l’automne car la forêt est faite de mélèzes. C’est une montée à plus de 2 000m facile pour qui veut « faire un 2 000m » à partir de Briançon. Peu après le village de Névache (1 600m), nous rejoignons une route un peu plus fréquentées mais avec un profil descendant. La circulation s’intensifie encore un peu plus lorsque nous arrivons sur la fameuse route du col de Montgenèvre et qui nous amène à Briançon. Briançon est une ville qui symbolise le vélo pour moi, à chaque fois que j’y suis passé c’était pour grimper un col des environs. Et il y en a une multitude d’intéressants. Cette petite ville, bien que très isolée des grandes, me semble toujours active, avec beaucoup de touristes. Il ne doit pas être désagréable d’y vivre, d’autant qu’il y fait très souvent beau. Elle se situe tout de même entre 1 200m et 1 400m d’altitude, mais son positionnement au Sud et dans une cuvette fait que la température peut bien monter. C’est ce que nous constatons encore aujourd’hui, il fait chaud. Nous mangeons au Mc Do, la valeur sûre si je peux dire. Bien qu’il soit 15h passé, il y a encore plein de gens qui y mangent.

La borne frontière du seuil des Rochilles
Cette borne matérialisa la frontière entre le Royaume de France et les Etats Sardes.
Les premières furent placées vers 1761. Lorsqu’en 1814 le roi de Sardaigne reprit possession de la Savoie, les autorités sardes effectuèrent un nouvel abornement.
Une borne sarde est un petit monolithe parallélépipédique en pierre. La Fleur de Lys est
gravée côté royaume de France et la Croix de Savoie côté Etats Sardes. Chaque borne a un numéro. Celle qui se trouve au Seuil des Rochilles, à l’altitude 2459m, porte le n°92.
Cette borne est à la limite des communes de Valloires (Savoie) et Névache (Hautes-Alpes)

Après l'orage, en montant au col des Ayes

Après l’orage, en montant au col des Ayes

Une boisson fraiche engloutie, nous repartons pour le col des Ayes. Cette boisson ne sera bientôt plus qu’un bon souvenir. En effet, à la sortie de Briançon, la route ne va pas tarder à se raidir. Le col des Ayes vaut son pesant de cacahuètes. Point bas 1 186m. Col à 2 477m. Le pied du col se situe à Villar St Pancrace. La petite route goudronnée commence terriblement avec une pente très forte en plein cagnard (autour de 15%). Peu après la sortie du village, au détour d’une grande épingle, nous prenons à droite et la pente se calme. La route devient plus agréable au milieu des mélèzes, elle se change parfois en piste de qualité moyenne. Le temps se couvre, quelques gouttes tombent. Puis l’orage gronde et c’est la grêle. Nous patientons, heureux d’avoir un peu de fraicheur mais les grêlons font mal ! Cela ne dure pas heureusement et nous repartons vers les chalets des Ayes (1 715m).

Maintenant il fait froid. La montée continue sur une petite route qui rejoint les chalets de Vers le col (2 209m). Durant cette longue montée, bien agréable et aux paysages variés, je me demande comment cela aurait été si la route principale n’était pas passée par l’Izoard mais par le col des Ayes. Aujourd’hui, ce col est presque délaissé, laissé à son état naturel, la petite route empruntée seulement par les locaux et quelques curieux. Aux chalets de Vers le col, la route prend fin et le sentier commence pour relier le col. Nous discutons avec une vielle dame qui nous voit passer de son chalet. Elle nous rempli les bidons et nous souhaite bonne chance, car la nuit arrive, il y a du vent, et l’orage tourne. Nous poussons tout le long de ce sentier, en une trentaine de minutes peut-être. C’est un col qui se mérite. Au sommet, nous ne tardons pas même si, bien sûr, la vue est belle jusqu’au Viso, seul sommet ce soir à recevoir les derniers rayons de soleil. La descente se fait plus ou moins sur le vélo. Mes patins de freins sont trop usés, ça ne freine plus beaucoup. A 2 142m, nous retrouvons une piste vraiment cyclable. Puis le goudron jusqu’à la Chalp où nous nous arrêtons. Le propriétaire nous attend, une douche et à table à coté d’un couple ardéchois bien curieux de cette semaine de vélo.

Logement : à la Chalp, un gîte dans une grande maison (Le Teppio). Chambre petite avec 3 lits jumeaux. Diner fait par le sympathique propriétaire (pas de carte), et petit-déjeuner un peu juste.

Le parcours jusqu’au col des Ayes :

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