J3 – Col Agnel

A la sortie de St Véran en rejoignant la route de l'Agnel

A la sortie de St Véran en rejoignant la route de l’Agnel

A la Chalp, entre l’Izoard et l’Agnel, le temps est maussade, c’est le cas dans tout le Queyras. Il a plu cette nuit et il pleuvra encore aujourd’hui. Normalement, nous devons franchir l’Agnel puis redescendre coté Italien et s’arrêter dans un bourg de la vallée. Entre l’Agnel et la Chalp, nous grimperons le Pic de Château Renard (2 989m), superbe sommet du Queyras avec son observatoire et sa piste cyclable. Malheureusement, ce matin les prévisions ne sont guère encourageantes et nous réservons au refuge du col Agnel, situé coté Français à 2 580m. Pour le Pic, cela parait compromis également.

Direction, le col Agnel

Direction, le col Agnel

Avant de partir, je tente de régler mes freins usés, il faut les changer. Au village, il y a un vélociste mais il n’a pas les patins requis, je ferai donc avec des freins très limites jusqu’au bout. Nous rejoignons en descente la combe du Queyras, à tout de même plus de 1 300m d’altitude. Puis passons Château Queyras et nous arrêtons à Ville Vieille où Simon se ravitaille dans une boulangerie. Ensuite la montée débute, très longue, et difficile. Les kilomètres s’enchaînent et dans une atmosphère humide, mais il ne pleut pas. A Molines en Queyras, nous stoppons pour voir si il est possible de retirer de l’argent mais il n’y a rien. On nous indique un distributeur à St Véran.

Coup d'oeil en arrière

Coup d’oeil en arrière

Une petite descente et cela grimpe de nouveau dans de bons pourcentages jusqu’à St Véran, commune très touristique à 2 050m. Là haut, le distributeur est fermé… Nous mangeons une part de pizza et patientons un bon moment, il fait froid et il pleut, de plus en plus fort. Les sommets sont dans les nuages, alors nous renonçons au Pic de Château Renard. Il fait tellement mauvais que nous nous renseignons pour un gîte au centre du village, il y a de la place. Nous attendrons bien 2h au village, transis de froid, les regards sombres si près de ce Pic que nous n’atteindrons pas cette année. Simon pense abandonner et retourner à Lyon. Je le raisonne. Et lui remonte le moral pour continuer à aller de l’avant dans cette aventure périlleuse qui prend une tournure un peu trop humide.

Les dernières lignes sont quelques peu romancées et je ne prétends pas que tout s’est déroulé exactement comme je l’écris. Néanmoins, nous avons vraiment pensé dormir à St Véran. Seulement cela compromettait notre bonne avancée pour le parcours et finalement nous avons poursuivi au départ d’une brève accalmie. Après une courte descente nous revoici sur la route de l’Agnel. Le temps est vraiment mauvais, quelques voitures passent. Mais ça n’est pas si désagréable une fois que l’on est mouillé, les paysages sont magnifiques dans le Queyras. Nous arrivons finalement au refuge.

Belle journée pour un tour de vélo

Belle journée pour un tour de vélo

Là encore, après une pause où nous avons pris un chocolat chaud, nous décidons de repartir. Nous ne sommes plus très loin du sommet, il faut terminer l’Agnel aujourd’hui et continuer à avancer. En plus le refuge fait un peu usine, il y a du monde, et surtout nous sommes très mal reçus par les 2 jeunes gardiens.

Au fond, le refuge Agnel

Au fond, le refuge Agnel

Avant de repartir, nous prenons pleins de feuilles de journaux que nous mettons dans nos vêtements, de la tête au pied. Ils s’avèreront très utiles pour la descente glaciale.

L’arrivée au sommet se fait dans le brouillard. C’est dommage, le col Agnel avec ses 2 744m mérite d’être vu par beau temps. En tant que col frontière, c’est le 2ème col routier en France après l’Iseran (2 770m) et le 2ème en Italie après le Stelvio (2 757m). J’aime beaucoup ce col, il semble au bout du monde, pas très facile d’accès.

La vue !

La vue !

La descente est très rapide (10km à 9,5% de moyenne). Puis elle se fait plus irrégulière. Nous traversons quelques villages dont Casteldelfino où nous cherchons de nouveau un distributeur, sans résultat. Finalement, nous stoppons à Sampeyre, au pied d’un autre col mythique, le colle di Sampeyre.

L'Italie !

L’Italie !

Logement : un petit studio dans le village, avec le repas et petit-déjeuner inclus. Aux cotés des autres locataires qui nous faisaient plus penser à une maison de retraite qu’à autre chose. Le menu était très simple mais c’est bon marché avec un bon accueil. En plus, il y a des banques à Sampeyre !


rédacteur du site
  1. yann
    Bonjour et merci pour ces images magnifiques et ce récit plein d'humanité… Quelquefois, je dois avouer que m'étais demandé si vous n'étiez pas des sur-hommes ;-) ! Merci aussi d'avoir choisi de continuer, car j'attendrai avec impatience et plaisir la suite du périple, qui au final, après avoir dépassé ces moments humides et difficiles, a sans doute dû vous laisser de merveilleux souvenirs... et nous filera à nous, une vraie stimulation et de beaux rêves !Yann
  2. Bast
    Bonjour Yann, merci pour le commentaire. Quand on part en itinérance, il faut être prêt à affronter du beau temps comme du mauvais, c'est ça aussi le vélo. Souvent cela donne de belles ambiances quand il fait vraiment mauvais, les touristes ne sont plus là, le plafond nuageux est bas, on roule seul sur la route... je ne dit pas que cela est mieux qu'une journée ensoleillée mais cela a son charme aussi, si cela ne dure pas tout le séjour. Et oui, cela laisse toujours de bons souvenirs ce genre de périple.
  3. Anthony C
    Bonjour.Vous êtes bien courageux de pédaler sous la pluie. Moi quand je fais des sorties (hors compétitions), je me donne certes des objectifs mais je ne prévois pas de dates en avance afin d'avoir du soleil. Le fait que je ne travaille pas les week-ends pour le moment me facilite ça.J'espère que la météo vous a plus gâté par la suite.Effectivement, ayant grimpé le Pain du Sucre, sommet au-dessus, je pense qu'il doit y avoir une belle vue sur le mont Viso.J'ai fait de la randonnée en groupe en juin 2007 dans le Queyras et nous avions dormi une nuit au refuge Agnel. Je me souviens qu'à l'entrée il me semble qu'un panneau disait que ce refuge n'était pas fait pour les cyclistes. Un type qui avait rencontré le patron du refuge disait qu'il était assez désagréable.
  4. cestdurlevelo
    Projet magnifique, parcours hallucinant... je viens de dévorer l'intro et les trois premières journées d'un seul coup ! C'est courageux, j'imagine que c'est épuisant de tirer des vélos si lourds sur des chemins de gravier qui doivent être usants à force. Sans parler de la gestion de l'eau... ça fait de longues journées qui doivent se faire en autonomie... on ne trouve pas souvent de sources d'eau à +2500m j'imagine?!!!Superbe. Vivement la suite...
  5. Bosses21
    Salut Bast (et Simon) ! Ambiance incroyablement maussade au Col Agnel ! Les jours de pluie en montagne c'est quand même la super galère mais c'est dans ces moments là que le courage révèle les cyclos comme nous ! Bravo et à vous deux et j'attends avec impatience la suite de cette belle aventure.
  6. Bast
    @ Anthony : c'est sûr qu'avoir des objectifs et de les réaliser par temps idéal sans prévoir de date, c'est l'idéal. Mais nous avions quelques contraintes donc on ne pouvait pas partir n'importe quand. Après, notre semaine n'a pas été si mal (on aurait pu avoir que du mauvais temps...:) Les prévisions étaient bonnes, mais en montagne ça peut vite changer, et on est jamais vraiment à l'abri d'orages même après une belle journée.
    Sinon pour le refuge, pas de panneau contre les cyclistes. On a nous a juste demandé de resortir nos vélos qu'on avait entreposé dans la grande salle où les gens laissent leur chaussures avant d'entrer dans les pièces chaudes. Mais c'est un détail parmi d'autres qui m'a fait écrire que l'accueil a été mauvais.

    @Baptiste : merci pour ton message ! Oui c'est pas évident, on a pas les mêmes sensations que lors d'un tour en vélo de route non chargé, c'est clair ;) Tu pourrais t'y mettre un jour, ça te tente pas ? Fait le test : 2-3 jours de tour du Léman par le Jura et les Alpes via les cols et sentiers (du genre Balcons du Léman). Pour les sources, on peut souvent trouver de l'eau dans la nature, après ça veut pas dire que l'eau est très potable. Le mieux est de charger un peu plus la bête et d'avoir toujours de l'eau avec soi (quitte à rajouter 1 bouteille d'1,5 L dans les sacoches par personne (ce qui était notre cas pour les étapes tendues).

    @Joris : merci ! Je vais mettre la suite bientôt, ça prend un peu de temps ;)

  7. Idris
    Salut Bast et Simon,Bravo à tous les deux pour cette ascension du col dAgnel dans ces conditions !! ça a dû être une belle galère sur le moment. Monter si haut par ce temps, il y a une petite impression de se jeter dans la gueule du loup.C'est le genre de sortie difficile sur le moment mais qui laisse des souvenirs après. D'autant que tes photos sont superbes !!Hâte de lire la suite !
  8. Simon
    Salut Idris. Oui effectivement c'est le genre d'ascension qui laisse des souvenirs. D'autant que le col est superbe, sauvage, et que dire du versant italien que nous avons descendu. Impressionnant. Après sur le coup, on ne faisait pas les malins entre la pluie et le brouillard. Il faudrait qu'on s'organise une sortie ensemble l'année prochaine, ce serait sympa...

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