J6 – Crêtes de Tende

Un vaillant cyclotouriste vient de passer au col de la Perle 2 086m et continue sa route vers l'inconnu

Un vaillant cyclotouriste vient de passer au col de la Perle 2 086m et continue sa route vers l’inconnu

A peine sortis de l’hôtel, nous levons les yeux pour apercevoir le premier objectif de la journée : Tende. Le col est déjà illuminé par les premiers rayons du soleil. Nous suivons les indications qui déjà depuis Borgo San Dalmazzo nous signalent la France. Mais avant tout, un arrêt ravitaillement s’impose à Limonetto et son nom de boisson citronnée. En effet, les sources d’eau et de ravitaillement vont se faire rares pendant les deux prochains jours et avec les chaleurs estivales, il vaut mieux prendre ses précautions.

Au collet Campanin

Une allure de vieux routard au collet Campanin avec le col de Tende et ses lacets italiens en bas à droite

Une fois quittée la route principale et son tunnel, la circulation est beaucoup moins dense. La route se déroule comme une évidence, nous élève en lacets harmonieux sur les contreforts italiens. Une courbe, puis la suivante. Lentement, sans provocation. Sentiment de plénitude que seul le vélo procure. Puis le col, arrivé trop rapidement après quelques dizaines de mètres non goudronnés. On aurait aimé que cela se prolonge.

Après le col de la Boaïra

Après le col de la Boaïra

1871m. Col de Tende (grimpé aussi de l’autre coté en 2008). De nombreux vestiges, symboles de la complexité des relations francoitaliennes. On devine la mer au loin. Courte pause, puis nous prenons la piste à l’Est du col. Arrivés à une remontée mécanique, un péage est installé pour les nombreux véhicules 4×4. Je ne sais si c’est la raison qui explique l’état de la piste, mais celle ci est parfaitement entretenue.

Une montée sèche nous amène au premier col de la journée, le colle Campanin (2124m), suivi quelques centaines de mètres plus loin par le col de la Perle à 2086m. L’environnement est superbe et le restera tout au long de la journée. Nous croisons quelques vététistes. La descente du col de la Boïra est vertigineuse à souhaits. L’atmosphère change alors et devient beaucoup plus minéral. Nous traversons le massif karstique du Marguareis qui possède l’une des plus fortes densité de gouffres au monde.

Entre le pas du Tanarel et le Mont Saccarel, nous nous lassons un peu des pistes alors nous faisons un peu de hors sentier

Entre le pas du Tanarel et le Mont Saccarel, nous nous lassons un peu des pistes alors nous faisons un peu de hors sentier

Petite pause pique nique improvisée à l’ombre d’un aplomb rocheux et nous repartons. Les cols s’enchaînent. Col de Marguareis, col de Chevolail, colle Plane jusqu’au col des Seigneurs (2111m) où se trouve le refuge Don Barbera. Il est un peu moins de 4h de l’après midi, ce serait dommage de s’arrêter aussi tôt. Nous décidons de continuer. Après le col de Celle Vieille une longue traversée à flanc, très roulante dans un mélézin au sous-bois de rhododendrons, permet d’atteindre une succession de lacets aboutissant au Pas du Tanarel (2045m).

Le mont Saccarel en vue nous décidons de nous y rendre. Nous y avons repéré un refuge en contrebas sur le versant italien et nous en profitons pour prendre de nombreuses photos.  Il faut dire que la vue est superbe. Sur le point d’arriver au dit refuge, on réalise qu’il est en fait fermé. Il commence à se faire tard et le prochain hébergement possible, le rifugio Allavena est à une bonne quinzaine de kilomètres.

Au Mt Saccarel, 2 201m, le temps se couvre, la journée s'éternise et la sensation d'être au bout du monde aussi

Au Mt Saccarel, 2 201m, le temps se couvre, la journée s’éternise et la sensation d’être au bout du monde aussi

Nous pressons l’allure jusqu’au Pas du Tanarel puis s’ensuit une mauvaise descente  chaotique et caillouteuse à souhait jusqu’au Pas de Colle Ardente. La piste se poursuit assez longuement à travers les bois pour atteindre la Baisse de Sanson. On aperçoit au loin le Mont Grai. La pénombre se fait de plus en plus présente. Nous doublons deux vététistes allemands que nous retrouverons au refuge avant d’atteindre rapidement le colle Bertrand. Une dernière montée et finalement la longue descente jusqu’au Nuovo Rifugio Allavena.

Enfin ! Le Nuovo Rifugio Allavena est en vue (en bas à gauche dans la clairière), la piste est mauvaise et la descente est longue et peu agréable avec ces gros cailloux

Enfin ! Le Nuovo Rifugio Allavena est en vue (en bas à gauche dans la clairière), la piste est mauvaise et la descente est longue et peu agréable avec ces gros cailloux

Nous arrivons juste pour le diner. L’accueil est des plus aimable et le repas, copieux,  est vite englouti. C’est ce qu’on appelle une journée bien remplie. Simon

rédacteur du site
  1. Bosses21
    WOUUUUUUAAAAAAH, c'est vraiment génial ce que vous avez fait !
  2. Yann
    Merci, vraiment grand merci pour ces moments de pur bonheur à admirer les photos et la vidéo, bienvenues au milieu de l'hiver (certes, clément pour l'instant).Mais y'a quand même quelques petits questions qui me turlupinent : pas de casse ? pas de crevaison, sur ces pistes caillouteuse ?Vivement la suite ;-) !Yann
  3. Bast
    @ Joris : merci !

    @ Yann : pas d'inquiétude, la casse arrive... pour le dernier jour !
  4. cestdurlevelo
    Toujours aussi MAGIQUE. Des photos vraiment, mais VRAIMENT à couper le souffle. Notamment celle de l'épingle, utilisée en 'couverture' de l'article. De la tuerie. Et des dizaines et des dizaines de km sur des pistes où ça "avance" pas facilement... tout ça sans jamais de plat... ça a du être un festin aussi sportif que 'picturesque' comme on dit en anglais ;)
  5. Bast
    Merci Baptiste, oui des paysages à couper le souffle, ça change un peu du goudron :) Et bien sûr, il y a de quoi s'arrêter un peu partout prendre des photos. J’espérais un super coucher de soleil avec cycliste sur la piste mais j'ai quand même pas eu ça ;)
  6. Will
    J'aime toujours tes photos .... mais ici sont vraiment superbe.  Bravo, quelle route. 
  7. Nicholas
    Cher Bast, Merci pour ces superbes photos et pour nous faire partager ces superbes aventures! Une questions par rapport à la spectaculaire étape des Crêtes de Tende: combien de temps, à ton avis, une boucle partant de Albergo Panice, empruntant les Crêtes jusqu'à peu après le Mont de Collardente et redescendant ensuite sur La Brigue, puis Tende et retour sur Albergo Panice par le Col serait-elle possible? Et surtout combien de temps / de dénivelation positive cela représenterait-il? Enfin, quelle est la liste complete des cols empruntés sur un tel parcours? Merci d'avance et meilleurs messages, Nicholas
  8. Bast
    Hello Nicholas, merci pour ton message. Concernant tes questions, je serais bien incapable d'y répondre, il faudrait étudier tout ça sérieusement, tu devrais tracer ce parcours sur un site adapté à cela et il te donnera à peu près le kilométrage, le D+ et donc le temps qu'il te faudra pour boucler le parcours en fonction de ton niveau, vélo, chargement...

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