TDF 2016 – 3 étapes

Coucher de soleil au signal du Luguet

Coucher de soleil au signal du Luguet

Voilà, le Tour de France vient de se terminer, sur le papier c’était plutôt bien construit, on voit que les organisateurs font des efforts depuis quelques années pour proposer des nouveautés et des parcours équilibrés incitant les coureurs à animer la course tout en tentant de maintenir le suspens jusqu’à l’avant dernière étape.

Je suis allé voir 3 étapes au bord de la route.

Limoges / Le Lioran : 216km – le 6 juillet 2016

Limoges / Le Lioran

Limoges / Le Lioran

Petit à petit, ASO commence à tracer des étapes en Auvergne qui peuvent permettre aux meilleurs coureurs de bouger. C’était le cas de cette étape assez longue avec ses 80 derniers kilomètres compliqués. L’enchainement Pas de Peyrol – Perthus est vraiment difficile, car si les montées sont relativement courtes, elles sont pentues et irrégulières.

Je suis parti au Lioran avec Tom d’Auvergne (à prononcer comme le fromage). Nous nous sommes garés non loin de la station, mondialement connue pour son Plomb du Cantal, et avons fini à pied. La traversée du village était animée avec tout ce monde, ces installations pour la course… Nous nous sommes installés à 1 km du col de Font de Cère, dernière difficulté de l’étape. Le col n’est pas difficile avec 3,3 km à 5,8% de moyenne.

Après le passage de la caravane, les coureurs sont arrivés dispersés un peu partout pendant plus d’1h, le dernier de l’étape Michael MORKOV étant arrivé 1h10 après le vainqueur de l’étape et futur maillot jaune Greg VAN AVERMAET.

Une superbe journée donc pour voir passer le Tour, sans trop de monde non plus, c’était vraiment l’idéal. Seul petit bémol, il est dommage que les favoris n’aient pas bougé, si ce n’est Bardet qui a attaqué à 200m du sommet du col, je ne sais toujours pas trop pourquoi.

A l’avenir, j’espère que nous aurons droit un jour à une étape très corsée et une arrivée au sommet du Pas de Peyrol, qui est toujours placé en milieu d’étape. Il est possible de rendre un peu plus difficile aussi l’arrivée au Pas de Peyrol qui se fait toujours, par ce versant, via le col de Neronne. Le col de Neronne est trop facile pour des pros avec 7,1km pour 3% sur la route principale. Il faudrait plutôt le grimper par Récusset. ASO a progressé dans le traçage avec l’arrivée de T. Gouvenou mais on a l’impression parfois que certains morceaux de parcours sont repris éternellement alors qu’ils pourraient être améliorés de manière réaliste.

Coucher de soleil au signal du Luguet

Coucher de soleil au signal du Luguet

 

Pour finir sur cette journée, nous avons décidé avec Tom d’Auvergne, d’aller camper au signal du Luguet (1551, point culminant du Cézallier : les hauts plateaux entre les monts du Cantal et le massif du Sancy). Là-haut, pas homme qui vive, l’idéal quand on ne veut voir personne.

Classement de l’étape

1. VAN AVERMAET Greg 05h 31′ 36 »
2. DE GENDT Thomas 05h 34′ 10 » + 02′ 34 »
3. MAJKA Rafal 37 05h 36′ 40 » + 05′ 04 »
4. RODRIGUEZ OLIVER Joaquin 05h 36′ 40 » + 05′ 04 »
5. MARTIN Daniel 05h 36′ 43 » + 05′ 07 »
6. HUZARSKI Bartosz 05h 36′ 43 » + 05′ 07 »
7. ALAPHILIPPE Julian 05h 36′ 43 » + 05′ 07 »
8. YATES Adam 05h 36′ 43 » + 05′ 07 »
9. FROOME Christopher 05h 36′ 43 » + 05′ 07 »
10.VAN GARDEREN Tejay 05h 36′ 43 » + 05′ 07 »

 

Montélimar / Villars-les-Dombes : 280,5 km – le 16 juillet 2016

Montélimar / Villars-les-Dombes

Montélimar / Villars-les-Dombes

Tom d’Auvergne a fait spécialement le déplacement pour cette étape qui a tous les ingrédients pour devenir mythique : plus de 200kms de routes plates entre Montélimar et la Dombes, une chaleur torride, une étape placée entre deux étapes que l’on appelle habituellement de transition : un CLM en Ardèche et une étape dans le Bugey avec le Grd Colombier.

J’ai regardé les routes prises dans la Dombes et j’ai vu que peu avant l’arrivée, le peloton devait emprunter une côte après Montluel pour monter sur le plateau de la Dombes. Certes, la côte n’était pas répertoriée, le pourcentage est vraiment modeste. Mais nous pouvions légitimement nous attendre à des attaques de favoris : Froome, Quintana, Mendes, Yates, Van Garderen… et  une atomisation en pièces détachées du peloton.

Sur place, il y a avait vraiment foule. Nous avons sentis que c’était l’endroit où il fallait être, où l’Histoire pourrait se passer. Il fallait être présent.  Nous sommes arrivés après le passage de la caravane. La surprise a été de croiser un peloton suivi d’un important grupetto de personnes repartant à leur voiture avec les gadgets de la caravane : seraient-elles venues uniquement pour cela sans vouloir attendre les coureurs ? Je crois bien que oui !.

Après une attente de 45min environ, 4 échappés se sont présentés suivis quelques secondes plus tard par le peloton. Et pas un seul attardé, en moins d’une minute c’était plié ! Quelques murmures de déception de la part de certains spectateurs et nous voilà repartis. L’étape de légende s’est transformée en étape de course de kermesse.

Classement de l’étape

1. CAVENDISH Mark TEAM DIMENSION DATA 05h 43′ 49 »
2. KRISTOFF Alexander TEAM KATUSHA 05h 43′ 49 » + 00′ 00 »
3. SAGAN Peter TINKOFF 05h 43′ 49 » + 00′ 00 »

 

Bourg-en-Bresse / Culoz : 160km – le 17 juillet 2016

Bourg-en-Bresse / Culoz

Bourg-en-Bresse / Culoz

Nous voici de nouveau, Tom d’Auvergne et moi, lancés vers la route du Tour; accompagnés d’un certain Simonovitch dont j’ai déjà fait mention sur ce site, une ou deux fois, ainsi qu’un autre membre éminent auteur de la vidéo jointe dans cet article. Ces invités prestigieux ne se sont pas trompés : ils ont choisi l’étape du Bugey avec sa succession de cols courts et une fin à Culoz via le Grd Colombier. Sur le papier, c’est l’une des plus belles étapes du Tour 2016. Quelques défauts tout de même à signaler : une étape courte, une montée du Grd Colombier par le versant le moins dur (début de l’ascension à plus de 600m), une boucle peu utile si ce n’est télégénique pour monter la première partie du Grd Colombier versant Culoz (les « lacets du Grd Colombier »), une arrivée en plaine après 14 kms de descente et de plat (dans le cyclisme moderne, ce n’est jamais très bon).

Lorsque nous arrivons en voiture au pied du monstre, nous montons par Artemare. Il y a de plus en plus de monde, nous prenons le raccourci de Virieu le Petit, une route pratiquement inconnue, et nous continuons à monter plusieurs kilomètres dans des pourcentages très raides. Les nombreux spectateurs qui montent à pied semblent être étonnés de nous voir monter en voiture. Beaucoup doivent penser que nous sommes des VIP. C’est un peu le cas, et nous nous garons à mi pente. En fait, les gendarmes ont dressé un barrage plus bas que le raccourci permettait d’éviter. Conclusion : on entre au Grd Colombier comme dans une passoire.

Nous finissons à pieds, les pourcentages sont vraiment terribles. Un jour peut-être le Tour passera par là et nous proposera une étape qui fera honneur au Grd Colombier (pour la Directissime, rendez-vous plus tard encore, en 2100 ?).

Il y a beaucoup de monde, mais moins juste avant la sortie de la forêt à 2kms du sommet. Nous attendons ici la caravane. Soudain, un cycliste apparait. C’est un Tinkoff, mais un Tinkoff trapu. La défaillance n’est pas loin, heureusement, derrière lui, une voiture suiveuse. Mais c’est bien lui, c’est Oleg Tinkov, il grimpe le Grd Colombier à la force de ses jarrets. Entre VIP on se reconnait. Cela va faire son petit effet lorsqu’il racontera aux diners mondains qu’il a vaincu le Grd Colombier.

Nous croisons la famille Vuillermoz avec laquelle nous discutons un moment.

La caravane passe. Nous voilà encore riches de tous ces produits utiles. Nous ne savons qu’en faire.

Puis nous montons plus haut, dans la dernière ligne droite. Elle est terrible cette ligne droite. Les coureurs passent les uns après les autres, les favoris ne bougent pas (synthèse du Tour 2016). Ils en bavent, heureusement. L’ambiance est très sympa, un petit tour au sommet pour voir la vue du col, puis une pause à l’écran géant pour voir l’arrivée de l’étape. C’est fini, nous redescendons à l’espace VIP reprendre la voiture. La journée aura été belle et elle clot à merveille la partie Tour de France 2016.

Classement de l’étape

1. PANTANO Jarlinson IAM CYCLING 04h 24′ 49 »
2. MAJKA Rafal TINKOFF 04h 24′ 49 » + 00′ 00 »
3. VUILLERMOZ Alexis AG2R LA MONDIALE 04h 24′ 55 » + 00′ 06 »
4. REICHENBACH Sébastien FDJ 04h 24′ 55 » + 00′ 06 »
5. ALAPHILIPPE Julian ETIXX-QUICK STEP 04h 25′ 11 » + 00′ 22 »
6. PAUWELS Serge TEAM DIMENSION DATA 04h 25′ 14 » + 00′ 25 »
7. ROLLAND Pierre CANNONDALE DRAPAC TEAM 04h 25′ 14 » + 00′ 25 »
8. ZAKARIN Ilnur TEAM KATUSHA 04h 26′ 19 » + 01′ 30 »
9. NAVARRO Daniel COFIDIS 04h 26′ 19 » + 01′ 30 »
10. SLAGTER Tom Jelte CANNONDALE DRAPAC TEAM 04h 26′ 57 » + 02′ 08 »

rédacteur du site
  1. Alex
    Superbes photos (comme d'habitude !)Pour le GC, vous étiez près des coureurs !!Seul incovénient : pas d'ombre au GCJ'ai préféré un angle (j'étais au Pisseloup) comme celui que vous avez dans la vidéo de la Dombes (on se fait souvent avoir entre ce que l'on voit dans l'objectif et la réalité), mais d'un autre côté, on distingue moins les coureurs :(Sinon l'étape est sympa à faire en vélo, bien casse pattes !
  2. Bast
    Salut Alex, merci pour ton commentaire sympa ! Pisseloup selon moi c'était un peu trop tôt dans l'étape (qui n'était déjà pas bien longue) et pas assez raide pour voir les coureurs longtemps et éparpillés. Mais tu as raison, pour l'ombre c'est l'idéal. Nous on était aussi à l'ombre juste avant les alpages soit environ 2kms avant le sommet. Et pour la course, après avoir vu la caravane, on est monté dans la dernière ligne droite qui permet de voir arriver les coureurs très loin.
    Et concernant le tracé c'est sûr que ça doit être sympa à faire !

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